L'histoire d'un attentat contre les chefs du 3ème Reich.
Attention, c'est du très lourd qui arrive avec ce film. Considéré comme définitivement perdu après son calamiteux boulevard de la mort et laminé à Cannes par des critiques jugeant le film bavard, Tarantino se paie le luxe de rallonger la version projetée au festival et de réaliser un objet qui ne ressemble à rien d'autre dans le genre, un véritable ovni maîtrisé de bout en bout.
Sur un scénario relativement simple, l'homme se permet le luxe d'appliquer son humour et sa violence extrême à la période la plus trouble de l'histoire de l'Europe. Mais alors que la bande-annonce laissait craindre le pire, avec cet Hitler d'opérette surjouant jusqu'au grotesque, la vision du film dans son intégralité dévoile la véritable ambition du réalisateur scénariste : non pas faire un film de guerre historique, mais bien tourner un film d'action décalé et hors norme.
Il faut bien dire que tout le scepticisme que l'on pouvait avoir vis-à-vis de cette démarche s'envole dès les premières minutes : musiques formidablement choisies, chapitrage à la manière de Pulp Fiction et kill bill, tension dramatique à son paroxysme, et scène d'action sèche et brutale. On est en terrain connu, mais l'homme évite la redite grâce à une mise sous tension de tous les instants par des dialogues beaucoup plus efficaces et moins poseurs que par le passé et un cadrage de l'action qui renvoi à la maitrise formelle du premier kill bill.
Les personnages sont caricaturaux au possible, des nazis bêtes et méchants aux batards violents et stupides. Tous ne brillent que par leur désir de voir leurs adversaires morts et leur absence d'une quelconque vision intelligente de la guerre.
Enfin, l'humour omniprésent terminera d'achever le spectateur réceptif à une démarche des plus borderline : s'approprier un sujet historique pour en faire une commémoration du bis, un film qui frôle parfois le ridicule sans jamais y sombrer (comme lors de cette interruption de l'action pour présenter un personnage qui rappelle fortement la présentation du commissaire dans la cité de la peur).
Bien plus que dans son précédent opus, Tarantino réalise son objectif : faire un film techniquement parfait au service d'une histoire bis et ainsi rendre le meilleur hommage à l'univers des années 70 qu'il n'a jamais cessé de défendre.
Le film de cet été 2009, dont le final d'une audace proprement incroyable est à mille lieux de ce à quoi on peut s'attendre et qui montre qu'un réalisateur de talent peut, dès lors qu'il en a l'audace, tout se permettre.
Zé ben damino
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